Soutien à Amina

 

MONDE / En mars 2013, Amina avait choqué la Tunisie – et le monde – en dévoilant, sur la toile, une photo d’elle seins nus avec l’inscription “Mon corps m’appartient et il n’est l’honneur de personne”. La jeune femme, qui a ainsi lancé la branche Femen Tunisie, avait été kidnappée par sa famille provoquant une vague de soutien sur les réseaux sociaux.

En mai, la jeune activiste faisait de nouveau parler d’elle pour avoir tagué le mot Femen sur le mur de la Grande Mosquée de Kairouan. Arrêtée, Amina Tyler a été jugée et condamnée à une amende de 300 dinars (150 euros) pour “port prohibé d’un aérosol lacrymogène”. Elle sera de nouveau interrogée le 5 juin prochain dans le cadre de nouvelles poursuites pour atteinte aux bonnes mœurs et profanation de cimetière, délits passibles de six mois et deux ans de détention.
L’annonce de ce premier procès qui s’est tenu le 30 mai dernier a entraîné une série de manifestations en soutien à la jeune femme, notamment dans les pays du Maghreb.

En effet, alors que l’association Femen a lancé une campagne pour collecter des fonds dans le but de permettre à Amina de venir étudier en Europe, elle a, dans le même temps, réalisé sa première opération dans le monde arabe. Le 29 mai, trois Femen, une Allemande et deux Françaises se sont dévêtues devant le Palais de la justice de Tunis pour réclamer la libération d’Amina. Les militantes ont été arrêtées et seront jugées le 5 juin, comme Amina, pour “outrage public à la pudeur” et “atteinte aux bonnes mœurs”. Elles risquent jusqu’à un an de prison ferme. “Ce sera un procès, en audience publique” a déclaré à l’AFP maître Souheib Bahri. Le Consulat de France a indiqué disposer des mêmes informations.

© Femen France

Autre rassemblement de soutien à Amina : l’action menée par le blogueur Zak Ostmane qui a appelé à manifester pour soutenir Amina devant l’ambassade de Tunisie le jeudi 30 mai. Toujours en Algérie, une jeune femme a également diffusé une photo d’elle seins nus pour défendre la cause Femen. Des actions, qui comme le résume le père d’Amina -sortant pour la première fois du silence- en disent long sur le monde arabe : “Ma fille Amina, et elle demeurera toujours la fille que j’aime même si elle devait montrer tout son corps nu, est la victime d’une société qui a échoué. Et moi-même comme père et comme responsable j’ai échoué avec elle, car aujourd’hui notre jeunesse s’enrôle dans le Jihad en Syrie, va mourir en mer, et c’est aussi cette même jeunesse qui part faire ses études à l’étranger pour ne plus revenir. Cela cache les maux d’une société, une société qu’il faut soigner et non pas se venger d’elle…”

A suivre.

L.G.